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Louis Cyr

 

Donat Gadoury

Albert Chartier

Alors que le colosse Louis Cyr s'éteint, la même année, en juin 1912, naît celui dont la plume à dessin allait laisser sa trace dans toute l'Amérique. Très tôt, Albert manifeste du talent pour le dessin. Son aisance naturelle est aussi doublée du sens des affaires dont il hérite de son père. Privilégié par un milieu familial bilingue, il sera inscrit au Montreal High School, mais fera également de solides études au Collège du Mont St-Louis à Montréal.
Un des plus beaux souvenirs d'enfance qu'a conservé Albert Chartier remonte à 1923, au moment où ses parents ont fait l'acquisition d'un chalet au Lac Noir à Saint-Jean-de-Matha.Il se rappelle avec beaucoup de détails le moment mémorable de la première visite à cet endroit enchante à cet endroit

enchanteur qu'il a habité à partir de 1954: " Mon père m'y avait emmené en Ford à pédales, une auto solide pour les routes de sable et de gravelle du temps... Il y avait un pont couvert sur la rivière Noire, près de l'hôtel Beaulieu ".
Alors que M. Chartierl est jeune adolescent, le directeur de L'École des Beaux-Arts, Charles Maillard, un habitué de la maison des Chartier, a remarqué les dessins d'Albert et l' incite fortement à s'orienter en Arts. Il va bientôt y être admis. Mais si l'adolescent peut y apprécier la rigueur et l'académisme de l'École des Beaux-Arts, il souffre toutefois de son ultra conformisme. L'Art doit y répondre à de stricts critères que refuse Albert. Il a tôt fait de se rendre compte que le dessin et la bande dessinée y sont boudés et relégués à de basses considérations d'art populaire. Or c'est ce qui l'intéresse justement car son penchant pour l'illustration ne fait que se préciser, s'affiner.
Finalement à une année seulement de la fin de ses études, il abandonne. Mais il continuera, pendant huit ans à prendre des cours de perfectionnement, notamment avec des modèles vivants. Et de 1934 à 1937 il parfait sa formation par du dessin technique. Il a remarqué la presse américaine et ses exigences modernes en matière de dessin. Et c'est cette voie qui le séduit et qu'il entend suivre.
En 1930,(il a 18 ans) il dessine le portrait de nombreux musiciens, portrait qu'il leur vend ensuite afin d'en faire des affiches de spectacle. A la fin des années '30, il fonde avec un ami, Marcel Tessier, Le Can-Can inspiré du New Yorker. magazine d'actualités sur papier glacé qui ne fut publié que 14 fois, avant la mort de Tessier. Albert Chartier avait toutefois obtenu, en même temps, son premier contrat de bande dessinée avec La Patrie : Bouboule. Bouboule, c'est le précurseur du célèbre Onésime; comme lui, un antihéros à la naïveté et aux maladresses incroyables.
En 1940, avec sa jeune épouse artiste Suzanne Martel, il quitte pour les Etats-Unis où il obtient des contrats avec deux grandes maisons d'édition : la Columbia Comic Corporation et Big Top Comic. Mais, avec l'entrée des USA dans la guerre mondiale, il aurait été forcé de s'enroler dans l'armée des Etats-Unis s'il demandait un renouvellement de son permis de tavail. Il rentre alors au pays où les offres ne feront pas défaut.
En 1952, le célèbre écrivain québécois, Claude Henri Grignon demande à Albert Chartier d'illustrer sa très populaire épopée : Les belles histoires des Pays d'en haut qui fut publiée une première fois en 1954 sous le titre de Séraphin, l'Ours du Nord . Cette collaboration va durer jusqu'en 1972, alors que M. Grignon y mettra fin pour des raisons de santé.
Parallèlement à ses bandes dessinées, sa grande versatilité artistique se manifesta aussi de 1942 à 1963 dans des illustrations de couvertures en couleurs et dans des caricatures pour de nombreux hebdomadaires et mensuels francophones et anglophones du Québec, tels Le Samedi, La revue populaire, Le petit Journal, le Montreal Star et le Week End Magazine. Il illustra aussi des romans-feuilletons. Pour en savoir plus voici quelques liens intéressants.

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